20 avril 2008

AIX EN PROVENCE : visite du Musée GRANET

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Suite à l’exposition Cézanne 2006 qui marque sa réouverture, le Musée Granet constitue aujourd’hui le premier musée d’Aix, mais ne présente seulement que neuf tableaux de l'illustrissime peintre local. On ne peut donc toutefois le confondre avec un quelconque "Musée Cézanne", même après le déroulement de la célébration du centenaire de sa mort.

Ce n’est d’ailleurs pas le point de départ de l‘établissement: c’est en particulier le leg des collections de François Marius Granet, peintre aixois également, effectué après sa mort en 1848, qui marquera la gestation du « Musée d’Aix » (pour finalement porter le nom de cet artiste).

Traversant les siècles avec succès, la collection permanente rassemble des Flamands, Hollandais, Italiens du XVIIème siècle, des Français aussi de cette période ou du XIXème, comme des tableaux de l’école dite provencale. Le XXème siècle est représenté, par le don De Cézanne à Giacometti .

En plus de sculptures d‘Aixois, le musée s’intéresse à davantage faire connaître la colline archéologique de l’Oppidum d’Entremont (cf. voir note du 7 janvier 2007, en cliquant ici), à travers des pièces fouillées sur ce site militaire celto-ligure, terminologie chic et correcte pour désigner les gaulois de la région.
A noter : une très originale exposition temporaire « La BD s’attaque au Musée », avec un dispositif de visite fait de pénombre et de lampes-torche, qui ne m’a pas du tout intéressé.
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* Adresse : Place Saint-Jean de Malte, Aix en Provence.
* Site web : http://www.museegranet-aixenprovence.fr.
* Légende de l'illustration : "La montagne Sainte Victoire vue d'une cour de ferme de Malvalat", de F-M Granet.

06 avril 2008

Mais qu'est-ce qu'on fout, à CORNILLON-CONFOUX ?

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Entre Saint-Chamas et Lançon de Provence (le village au grand péage), il est un bled qui se détache singulèrement du périmètre aride de l’Etang de Berre : par son altitude et son exiguïté, le discret Cornillon-Confoux est posé sur un rocher, tout en longueur. Comme il est entouré d’une végétation soudainement verte et florissante, il émerge tel une sorte d’écrin de fraîcheur inattendue, que renforce le glissement de la Touloubre qui sillione, creusée à ses pieds.

Au sommet du village-belvédère, le panorama à 180 degrés permet de surplomber, très en retrait , les flots maritimes de l’étang de Berre, d’un côté; de l’autre, de repérer Salon en Provence, esseulée et coincée au milieu du décorum désertique et tacheté des Alpilles, comme celui tout aussi impressionnant, du Lubéron, drap de pierre en guise de « fond d‘écran".
L tapis azur du canal EDF déplace ses eaux compactes et fluorescentes et se détache aussi de ce "bushland" provençal.
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En hauteur, les alentours de Cornillon-Confoux constituent une sonde typique de paysage aride regional, tapissé d’oliviers, de garrigues et de murets pierreux, avec un sur-densité notoire de « bories », ces cabanons de pierre sèche à l’architecture particulière, à l’allure rustique et incongrue, vestige anodin du passé pastoral de la région…
Autre édifice de pierres sèches, atteignable au moyen d’un détour signalisé, un mur à abeilles ou « apier » destiné à protéger les ruches se déploie dans un sous-bois; avec ses 60 mètres et une cinquantaine de casiers en pierres, celui que l’on croise, ici, constitue l'un des plus longs de France.

Retour au villlage : détail rarissime, une statuette près de la place de l’Eglise représente un Vierge enceinte; ou bien, plusieurs de ces lavoirs innatendus dont le village se targue. Le long parapet s'étend sur un long chemin quasiment circulaire. C'est de là, que l'on apprécie le mieux les vergers et la verdure qui encerclent, en bas, le village. Il doit ce privilège aux travaux d'irrigation d'Adam de Craponne, ingénieur salonnais du XVIème. Finalement, le meilleur est, pourquoi pas, de terminer en descendant visiter les abords ombragés du pont de Rhaud, petit édifice trans-touloubrien et lieux-dit d'un lavoir supplémentaire.

29 décembre 2007

BEAUCAIRE, belle gueule !

BEAUCAIRE downtown : visite d'une surprenante petite agglo où le temps est suspendu.

e615baa27e7ee9169bf156d27f7db259.jpgUn sacré bled qui ne peine pas de mine à première vue, dont la réputation frôle l’anonymat. Mais peut-être est-ce sa simplicité, voire son humilité, qui donnent à Beaucaire, une partie de son atmosphère décalée et hors du temps.
Une rive rhôdaniene assoupie, tracée par le frôlement des rameurs du club d’aviron, une berge naturelle interrompant le damier d‘une esplanade ombragée et rythmée par de très longues rangées d‘arbres à l‘issue desquelles restos, buvettes, boulodrome quelque peu abandonnés côtoient une petite arène, précédée d’un monument dédié au panthéon local des « raseteurs », héros virevoltant des courses camarguaises Entre moyen-âge, culture taurine et nation Rom, Beaucaire se languit visiblement de sa féria juilletiste. Incongru, un vieux bâtiment XIX ème d’un classicisme "rococo" inattendu, surmonté de l’inscription « casino municipal » rappelle que la place fut le lieu fastueux d’une intense activité marchande, il y a fort longtemps.

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Opposé au fleuve, l’endroit côtoie également la ligne de fuite pierreuse d'un long rempart abrupt du château fort perché sur la montagnette de la commune, lieu de spectacles estivaux de fauconnerie. A l’intérieur des fortifications communales, la ville témoigne une rénovation toute fraîche. 93e06f06e258fcbbd33233ec2c05af28.jpgLa place centrale offre la vue sur une étonnante mairie, construite avant à la révolution française et sur la base d’un système de mesure antérieur au mètre. Peut être est-ce cette archaïsme qui lui donne cet agencement et cette façade dignes d’un établissement gallo-romain sorti d’un album d’Astérix. Quelques ruelles au-delà, la travée fluviale que compose le segment local du canal du Rhone à Sète permet de découvrir une marina plaisancière et sa berge restaurative. Mais n’oublions pas les vieilles bâtisses, hôtels particuliers, façades truculentes, églises qui parsèment le centre-ville, comme le marché couvert et ses grandes fenêtres aux bords supérieurs arrondis et les stries boisées de leurs volets d’un autre temps.

Des références culturelles et historiques éparses et si condensées pour une si petite ville donnent un avant goût très inattendu de l'atmosphère deltaïque et sa langueur qui l’ont pourtant submergée.



pour en savoir plus :
- le site municipal : http://www.beaucaire.fr/